Un mariage indo-mexicain à Puerto Vallarta
Trois jours. Un jardin, une plage, un champ d’agaves.
Le Pendjab et le Jalisco, à douze heures d’écart
La famille de Raj tient aux rites pendjabis — le henné, le jaggo, le curcuma. La famille de Jocelyn est d’ici, de la côte. Personne n’a demandé à l’un ou l’autre de renoncer à quoi que ce soit, et la semaine a été construite pour que chacun ait sa cérémonie entière, et non une moitié polie.
Voici le déroulé, tel qu’il s’est passé.
Jour un — le Mehndi, puis le Jaggo
Le henné d’abord, l’après-midi, au calme.
Puis le jardin s’est assombri et le jaggo — « réveillez-vous » — a commencé : parent après parent, chacun en équilibre avec le gaggar sur la tête, une jarre de laiton cerclée de bougies allumées, un dhol sous tout cela, les boliyan renvoyées en cercle. Cela dure tard, exprès. Dans ce village, personne n’a le droit de dormir pendant un mariage.




Jour deux — le Haldi sur la plage
Tout le monde en jaune. Curcuma et huile de moutarde appliqués sur les mariés par leurs familles — le maiyan — sous un phulkari rouge que quatre cousins tenaient au-dessus, contre le soleil. Les grand-mères sont passées les premières, et furent les moins douces.
Cela s’est terminé dans le Pacifique, tous, encore jaunes.



Jour trois — le mariage à la Finca 18
Les vœux sur la pelouse de la Finca 18, une distillerie d’agave en activité du côté de Las Juntas, sous une arche de fuchsia, de souci et de corail. Le mehndi de Jocelyn était encore sombre sur ses mains, sous la dentelle blanche.
Ensuite, les portraits dans les rangées d’agaves. Le dîner dans la halle ouverte, un chanteur charro au lasso, et une piste de danse qui n’a jamais tranché entre le pendjabi et le mexicain.




Trois jours entre l’Inde et le Mexique, à Puerto Vallarta
Je ne connaissais personne le premier matin. Trois jours plus tard, j’avais du mal à repartir.
L’Inde et Puerto Vallarta, c’est douze heures de décalage. Exactement douze. Quand il fait jour ici, il fait nuit là-bas — on ne peut pas être plus loin les uns des autres. Et pourtant tout ce monde se retrouvait dans le même jardin, à essayer de faire tenir un pot de cuivre couvert de bougies en équilibre sur la tête.
Parce que c’est ça, le jaggo. On se passe le gaggar de tête en tête, on chante, on se répond, et ça dure. Personne du côté de Jocelyn n’avait jamais vu ça. Ils s’y sont tous mis — les tantes, les cousins, tout le monde. Ils riaient, ils recommençaient. Le mot veut dire « réveille-toi ». On ne dort pas pendant un mariage.
Le lendemain, tout le monde en jaune. On prend un peu de pâte de curcuma dans les doigts et on la pose sur les mariés. Où on veut. Les grands-mères passent en premier, et croyez-moi, elles n’y vont pas doucement. Jocelyn était surprise à chaque fois. À un moment j’ai baissé l’appareil une seconde parce que j’avais envie d’en mettre moi aussi — surtout à Raj. Et je ne sais toujours pas comment, mais je me suis retrouvé avec du jaune sur le nez. J’ai beaucoup ri, ce jour-là.
Et le troisième jour, tout s’est retourné.
Le mariage se faisait à la Finca 18, une distillerie d’agave qui tourne encore, du côté de Las Juntas. Pour les portraits on est partis dans les rangs d’agaves bleus. Pas la plage. Pas le coucher de soleil. Pas la carte postale où tout le monde vient se marier ici. Du Mexique pour de vrai.
Et cette fois c’était à la famille de Raj de découvrir. Ils regardaient tout, ils posaient des questions, ils voulaient en être. Des gens qui avaient traversé la planète entière, émerveillés devant des coutumes qu’ils voyaient pour la première fois. Il faut avoir vu ça une fois.
J’ai photographié ces trois jours en oubliant que je travaillais. C’est un peu le privilège du métier, on finit toujours très près des gens. Là, en quelques heures, j’avais l’impression de les connaître tous depuis des années.
Si vous préparez quelque chose de ce genre, la seule chose qui compte de mon côté, c’est de connaître le déroulé avant qu’il commence. Un jaggo ne suit aucun horaire. Un haldi est fini en vingt minutes. Dites-moi vos dates.
Organisation : Magnifique Weddings, Puerto Vallarta · Lieu : Finca 18, Las Juntas · Photographie & film : Julien Leveau — Arcencielstudio
Avant le mariageLa séance save-the-date de Raj & Jocy dans le vieux Puerto Vallarta →












































































































































































































































